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Fondée vers 1100, dans le diocèse de Poitiers, Bellefontaine a dépendu successivement du diocèse de Maillezais en 1317, de la Rochelle en 1648 et d'Angers depuis 1802. Les moines qui s'y succédèrent furent de divers ordres : Bénédictins, des origines jusqu'en 1642 ; Feuillants, jusqu'en 1790 ; Cisterciens-Trappistes depuis 1816.
A la croisée de l'Anjou, de
la Bretagne et du Poitou, Bellefontaine est née au pays des Mauges, témoin d'un
XIème siècle de sang et de fer. Un ruisseau laisse trace d'un Hermitte
au vallon du Beuvron et, vers 1010, s'élève une chapelle. L'eau est ici
abondante. Avec le christianisme, la fontaine de Bel est dédiée à Notre-Dame de
Belle-Fontaine. Au carrefour de l'ancienne voie romaine Poitiers-Nantes et du
grand chemin de Chemillé à Mortagne-sur-Sèvre, les voyageurs s'arrêtent près de
la source et profitent de l'accueil des moines. Un probable prieuré annonce
bientôt, vers 1120, l'existence d'une abbaye bénédictine. Nous trouvons mention
du premier abbé, Pierre Ier, dont l'existence nous est connue par un
texte de Pétronille de Chemillé, sans doute sa parente, qui succéda à Robert
d'Arbrissel comme première abbesse de Fontevraud. Les deux fondations, tout en
étant d'Anjou, sont restées sous la mouvance des évêques de Poitiers. Il s'y
ajoutera pour Bellefontaine la protection de la maison de Thouars et celle de
l'évêque de Nantes. Alliances nécessaires à la fragile fondation pour se
garantir de la fougue conquérante et brutale du comte Foulques Nerra
(987-1040), le fondateur de la Province d'Anjou. Le fief de Bellefontaine,
terre de Renaud Torench - dit aussi le Thuringien - sera remis à son fils
Renaud, évêque d'Angers. Terre de l'évêque d'Angers, les moines resteront de
Poitiers. La frontière diocésaine chevauche le tracé de leur fief et marque le
signe d'une résistance. Cette volonté d'indépendance se vérifiera tout au long
des siècles aux Marches d'Anjou-Poitou. Quant aux fondateurs, ils n'ont pas laissé de trace ; mais en 1556, Charles de Bourbon, Prince de La Roche-sur-Yon et Seigneur de Beaupréau, réclame la reconnaissance juridique de ses droits de "fondateur"... [ Haut de la page ]
Il semble que, dès le commencement, la communauté ne dépassa guère une douzaine de moines à part une éphémère expansion au XIIème siècle, avec l'essai de fondation de l'abbaye du Perray, près d'Angers. Le monastère possédait une église reconnue comme l'une des plus belles de l'Anjou, et il était alors entouré de fortifications dont il reste aujourd'hui de solides contreforts en granit. Les guerres et la commende eurent raison de la ferveur et conduisirent l'Abbaye sur un chemin de décadence... [ Haut de la page ]
A l'époque où la Réforme catholique du Concile de Trente entra en application, Bellefontaine fut sauvée par l'Abbé commendataire Michel Sublet, qui, le 7 décembre 1642, remit son monastère aux mains des Feuillants. Ces religieux devaient, jusqu'à la Révolution, exercer un apostolat fécond, en particulier, par leur prédication et la remise à l'honneur du pèlerinage à la Vierge. La tourmente révolutionnaire emporte tout. Le 10 octobre 1790, les moines furent obligés de quitter leur monastère ; ils n'étaient plus que quatre. En 1791, il est confisqué puis vendu. En 1794, ravagé et en partie brûlé par les Colonnes infernales. En 1792, ses archives avaient été brûlées avec celles du district, sur une place de Cholet. [ Haut de la page ]
Les débris du monastère furent successivement rachetés
en 1816 et 1817 par Dom Urbain Guillet, un de ces vaillants Trappistes qui, sous la
conduite de Dom Augustin de Lestrange, sillonnèrent l'Europe et l'Amérique pendant vingt-deux ans. Sous l'impulsion de Dom Michel Le Port, son successeur, la restauration se poursuivit lentement, dans une grande pauvreté et une grande ferveur. Dom Fulgence Guillaume lui succéda en 1830, à l'époque critique de la Révolution de Juillet. Démissionnaire une première fois en 1845, pour s'adonner entièrement à ses fonctions de procureur général à Rome, il fut remplacé par Dom Augustin de la Forest Divonne qui se démit de sa charge quatre ans plus tard. Dom Fulgence reprit le bâton pastoral en 1850 pour démissionner une seconde fois en 1866, vu son état de santé. La communauté compta alors jusqu'à 120 moines. Dom Fulgence poursuivit la restauration de l'Abbaye et contribua à la reconstruction de la chapelle de pèlerinage détruite pendant la Révolution. Mais l'abbaye devait recevoir sa physionomie actuelle de Dom Jean-Marie Chouteau, qui, abbé à 25 ans, devait en assumer la charge pendant 63 ans (1866-1929). Il se mit en devoir de reconstruire presque entièrement le monastère et ses dépendances. En 1880, une vague de persécutions, marquée à Bellefontaine par une expulsion des moines et une occupation des lieux par la troupe pendant six semaines, constitua une chaude alerte et fut l'occasion de deux fondations au Canada : en 1881, Notre Dame du Lac, près de Montréal, et en 1892, Notre Dame des Prairies, près de Winnipeg. Après le court abbatiat de Dom Jean-Baptiste Auger (1930- 1935), c'est surtout le zèle et la forte personnalité de Dom Gabriel Sortais qui marquèrent la vie de l'abbaye au temps difficile des années de guerre (1936-1951). Elu abbé général de l'Ordre en 1951, il mourut à Rome pendant le Concile Vatican II, en 1963.
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